Chroniques

Mars 1999                                                                                                                      Cité Scolaire J-H.Fabre - Carpentras                                                                                                numéro spécial

Semaine contre le racisme

Éditorial
  A l’occasion de la semaine contre le racisme, Chroniques a décidé de consacrer un numéro spécial à cet abominable fléau. Comme nous pensons que ce sujet nous concerne tous, nous nous sommes efforcés d’accorder une large place aux opinions personnelles des élèves. En agissant ainsi ,nous avons pensé qu’il serait intéressant pour vous non seulement de confronter plusieurs points de vue, mais de voir quelle relation chacun entretient avec le racisme.

Certains articles sont le fruit d’une recherche personnelle sur des questions historiques et actuelles , nous espérons qu’en vous éclairant modestement sur ce sujet, ils auront apporté une pierre, si petite fût-elle, à cet immense édifice qu’est la lutte contre le racisme.

 

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Si ce numéro permettait à quelques-uns de comprendre que la discrimination raciale n’est qu’une impasse alimentée par la bêtise humaine, alors nous pourrions affirmer que notre tâche fut utile.

Les responsables du journal

"Celui qui cherche un frère sans défaut reste sans frère"   Djalâl-ud-Dîn Rûmi "Il faut dans la nuit lancer des passerelles"             Saint-Exupéry

"Impose ta chance,  serre ton bonheur  et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront" René Char

 

Sommaire  
Dommage. . .

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El Racismo

What about United States ?

Moi, 16 ans, marocain

Le relais de la mémoire

Le docteur s'en va en guerre

Liens

 
 

 

 


 
 

Dommage...

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Dommage que des classes soient quasiment exclues de certaines conférences

Dommage, que lors d'une semaine contre le racisme, la déportation et l'antisémitisme soient les sujets les plus traités; alors qu'il y a peu de probabilités pour que, heureusement, nous connaissions une telle horreur à l'avenir. 

En effet, les problèmes des banlieues, où le racisme est omniprésent, et les villes dirigées par le F.N. qui est pour la mise en place de la "préférence nationale", peuvent paraître plus importants, car immédiats, et explosifs.

Dommage que des classes soient quasiment exclues de certaines conférences, sous prétexte que le sujet n'est pas à leur programme d'histoire. En effet sans les élèves de SEP, la discussion avec le docteur Bourgat n'aurait duré que 40 mn. et il n'aurait pas été très agréable, car seuls ces élèves ont osé lui parler sans retenue, d'un racisme qu'ils vivent tous les jours.

Enfin, même si l'organisation peut sembler imparfaite : pas assez de place, des inscriptions annulées, et des conférences dans une des salles les plus chaudes de Fabre. Il est intéressant que le lycée, pour une fois, dépasse le cadre du simple enseignement, pour laisser la place à des discussions sur un des pires maux de notre société, et avec des personnes totalement différentes, ce qui permet d'éviter la monotonie des discours.

Pour finir, il est dommage que pour de trop nombreux élèves, ces animations n'apparaissent que comme un moyen de faire sauter des cours.

Jean-Robert Maisonnave. 1ES1

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Le racisme c’est une haine aveugle et une violence excessive. Saviez-vous que le racisme a toujours existé ? En effet le racisme n’est pas le propre de notre société mais un fléau qui s’est développé depuis l’antiquité.Mais l’infériorité prétendue de l’autre était dissimulée par l’esclavage. Hérodote lui-même parlait déjà du commerce négrier et grâce à des témoignages parvenus de l’Égypte ancienne, on sait qu’il existait des caravanes d’esclaves noirs qui venaient de la Nigritie. Dans la civilisation romaine, l’esclave était surtout le " barbare ", c’est-à-dire l’étranger qui ne parle pas la langue latine . Au 2ème siècle après J.C., à Rome , il y avait 20 000 citoyens libres pour 400 000 esclaves !
Pourtant, l’esclavage n’était pas vraiment une forme de racisme. D’une manière plus volontaire, au 16ème siècle les colons européens se sont montrés cruels envers les Indiens d’Amérique et aussi les " nègres " d’Afrique. A travers cette "traite des noirs ", on peut voir une réelle approche de ce que le racisme représente aujourd’hui.

C’est au 19 siècle avec Arthur de Gobineau que le racisme se confirme. En effet, dans son Essai sur l’inégalité des Races il argumente sur l’existence de plusieurs races, du latin " ratio ", dans le monde. Cette théorie a engendré des conséquences désastreuses : la Seconde guerre mondiale en est l’exemple le plus flagrant : les nazis se sont appuyés sur ces idées pour faire valoir leur pseudo suprématie germanique; ils ont ainsi exterminé tous ceux qui n’étaient pas de la " race aryenne ", c’est à dire les juifs essentiellement mais aussi les tziganes. D’une manière différente mais tout aussi inacceptable, l’Apartheid en Afrique du sud a séparé les " noirs " des " blancs "; cette ségrégation raciale s'est étendue sur quarante-cinq ans avant son abolition.

Aujourd'hui, le racisme a pris plusieurs apparences : il est d'abord la peur de l'étranger : cette xénophobie est souvent fondée sur de faux préjugés ; quelquefois et malheureusement fréquemment de nos jours, le racisme se manifeste à travers une haine aveugle et une violence excessive. Pourtant, n'est-ce pas pour l'intégration, le respect ou tout simplement l'acceptation de l'autre que nous devons combattre?

Peut-être faudrait-t-il prendre exemple sur les philosophes du l8ème siècle qui dénonçaient avec lucidité l'horreur de l'esclavage ou imiter les révolutionnaires de 1789 qui ont déclaré: "Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux". En 1848, l'esclavage est définitivement aboli en France; en 1964, grâce à Martin Luther King, les États-Unis prennent des mesures contre la ségrégation raciale. Enfin, en 1991, l'Apartheid est aboli. De nos jours, des associations comme S.O.S Racisme essayent d’aider des personnes de couleur rejetées ou humiliées. Des artistes s'engagent aussi, comme le groupe IAM pour dénoncer l'intolérance. 

Mais, c'est désormais à nous, adolescents à l'aube du XXIème siècle, de faire face au racisme; il faut combattre l'ignorance car aucun d'entre nous n’est identique: nous n'avons ni la même couleur de peau, ni les mêmes croyances. Pourtant, nous appartenons tous à la seule espèce humaine connue sur la surface de la Terre, celle des Homo sapiens. Que cette semaine contre le racisme nous aide à parler de ce sujet tabou, à partager nos différences. 
 
 
 

Cécile Lauriol et Claire Georges 2°

Quand ils sont venus chercher / les communistes

je n’ai rien dit / je n’étais pas communiste

Quand ils sont venus chercher / les syndicalistes

je n’ai rien dit / je n’étais pas syndicaliste

Quand ils sont venus chercher / les juifs

je n’ai rien dit / je n’étais pas juif

Quand ils sont venus chercher / les catholiques

je n’ai rien dit /je n’étais pas catholique

Puis ils sont venus me chercher 

Et il ne restait plus personne

Pour dire quelque chose.

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El Racismo

El racismo es un comportamiento basado sobre una teoría de la jerarquía de razas, que conduce a la necesidad de preservar la raza dicha " superior " desconfiándose de la " raza inferior" y despreciándola. Este comportamiento es bastante frecuente en todas las sociedades y se ha vuelto (¡desgraciadamente!) trivial en algunos países, porque puede que sea un racismo inconsciente.

A pesar de todo, que sea consciente o inconsciente, esta doctrina resulta totalmente falsa porque existe en realidad una sola "raza" : el género humano; claro existen diferencias entre cada pueblo, pero son sencillamente relacionadas con los caracteres biológicos, psicológicos y sociales; sin embargo, ningún individuo puede afirmarser superior a otro a causa de sus diferencias. Así, cuando escuchamos a veces : "la raza blanca aventaja o ha siempre aventajado la raza roja, amarilla y sobre todo negra", esta teoría no tiene ninguna base científicamente verificada, demostrada pero depende más bien de una opinión establecida gracias a ciertos prejuicios.

Esta doctrina sobre la superioridad de un ser es universal y se ha manifestado y se manifiesta todavía, bajo diferentes formas (xenofobía, esclavitud, discriminación racial, antisemitismo...) La esclavitud es uno de los puntos culminantes del racismo entre los más horribles. En efecto, los negros llegados de Africa fueron transportados a Estados unidos para trabajos espantosos. En los cincuenta primeros años del siglo XIX, los amos tenían derechos absolutos sobre los esclavos : derecho de vida y de muerte, derecho de infligir castigos corporales... En 1865, el Ku Klux Klan nació y tuvo por objectivo espantar a los negros. Hoy , el clan existe todavía pero organiza sus ceremonias ridículas de manera más discreta.

En Africa del Sur, el Apartheid permitió asegurar la preponderancia de los blancos sobre un número más importante de negros, separando estos últimos de la comunidad blanca ; El "Apartheid" fue abolido en 1991, pero el racismo sigue vivo en Africa del Sur.

Más recientemente, todavía, en 1995, los Serbios en nombre de lo que llamaban la " purificación étnica " masacraron a miles de Bosnias musulmanes... en Rwanda... en Alemania... Así, ningún país puede presumir de no contener racismo en su territorio !

En Francia, la xenofobía se ha desarrollado durante los momentos de guerra, ya que los enemigos y entonces los extranjeros fueron despreciados y temidos. Los soldados alemanes que ocuparon Francia fueron tratados de " Boches" de " Doryphores " sin embargo ejecutaron lo que se se les ordenó. Hoy, el "Front National ", partido basado sobre el racismo, es un movimento que afirma que la crisis económica es debida a los extranjeros porque para ellos " 3 millones de parados = 3 millones de inmigrados más "; en realidad este eslogan afecta a las personas más desesperadas que están dispuestas a creer cualquier cosa para quedarse tranquilos. Así, para los racistas, los extranjeros, verdaderos chivos expiatorios, son la causa de los problemas del país. A pesar de todo, sus profesiones no son envidiables ya que son más bien penosas y son a menudo las que los franceses rechazan ; por otra parte, los racistas tienen la costumbre de generalizar a partir de un caso particular: si uno es robado por un árabe, concluirá que todos los árabes son ladrones. Así, gracias a este acontecimiento podrá afirmar que su teoría es finalmente demostrada (" los inmigrados son la causa de la crisis ") porque el extranjero ha sido aquí responsable, será responsable de todos los problemas del país. Lo peor es que estas tragedias se transforman a menudo en tragedias sangrientas; por eso el combate contra el racismo es fundamental para el Bienestar de todos. Tenemos que saber que el racismo depende de la educación y de la mentalidad de los padres que inculcan a sus hijos ideas malsanas, que los niños toman como una auténtica afirmación irrefutable; un niño no nace racista sino que se vuelve racista. A pesar de lo que la convención de las Naciones Unidas estableció contra toda forma de racismo, no fue siempre respetada y el racismo es aún presente.....
 
 
 

Rachida El Fahri; 1L1

 


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What about United States ?


 
 

Officiellement abolie dans les textes, la discrimination raciale est loin de l'être dans les esprits. 

Il n'est pas aisé de donner du racisme une définition qui fasse l’unanimité. C'est pour le moins étonnant à propos d'un sujet abordé tant de fois et par tant de manières. Cependant, cet article ne tend pas à faire l'unanimité: il voudrait juste vous donner une idée de à quoi peut ressembler ce phénomène outre Atlantique.

Bizarrement, quand on évoque le racisme, on ne pense pas directement aux États-Unis et inversement quand on parle des États-Unis, on ne pense pas directement a la discrimination raciale. Pourtant, 

Harlem, Brooklyn, the Bronx ou à un degré moindre South Side sont des quartiers connus dans le monde entier. Dans ceux-ci, se sont développés ce qu'on appelle maintenant communément des ghettos, c'est à dire des lieux où une minorité vit séparée du reste de la société. Actuellement, avec près d'un demi million d'habitants, Harlem est à 99 % noir. A l'intérieur de ce ghetto, le surpeuplement et la vétusté des maisons reflètent la misère de ses occupants. 40% des appartements datent d'avant 1901, 50% ont été construits entre 190l et l929. Le taux de chômage y est supérieur à la moyenne des villes américaines de même que celui de la délinquance juvénile et de la mortalité infantile. La saturation d'Harlem a amené la création de deux nouveaux ghettos à New-York, l'un directement au nord dans le quartier du Bronx, l'autre en bordure de Brooklyn. A Chicago, c'est le quartier de South Side qui renferme le ghetto noir. Ceux-ci sont devenus si peu sûrs que rares sont les Blancs qui s'y aventurent. Deux communautés s'opposent et s'affrontent, créant une tension dramatique et scindant le pays en groupes ennemis.

Dès l'abolition de l'esclavage en 1865, les Noirs se virent violemment rejetés par le Ku Klux Klan, société secrète d'une xénophobie violente essentiellement dirigée contre l'intégration des Noirs, qui ne pouvait les considérer égaux aux Blancs. Très vite la question se posa de savoir comment, l'esclavage disparu, l'inéluctable coexistence avec les noirs allait être organisée. Tous les états du sud établirent une ségrégation ferroviaire (les pancartes White only ou Colored firent leur apparition); la séparation devenait obligatoire dans les hôpitaux, les prisons, les cimetières selon les textes et par l'usage dans les hôtels, les théâtres, les bibliothèques et bien entendu dans les écoles. La violence venait s'ajouter à cette discrimination raciale: les lynchages de noirs furent extrêmement nombreux, la plupart du temps à la suite de fausses accusations de femmes blanches prétendant avoir été violées. La première guerre mondiale permit à 100 000 noirs de constater l'absence de discrimination raciale en France et "la jouissance inattendue et compréhensible de pouvoir consommer librement un verre de bière à la même terrasse de café que les Blancs et s'asseoir sur n'importe quel siège dans les tramways" (F. Schoell). Petit à petit, le racisme fut supprimé. Bien entendu, l'évolution ne se fit pas sans peine: il fallut bien des larmes et du sang. La conquête de l'égalité a été l’objet de la lutte acharnée d'organisations noires tel le NAACP (National Association for the Advancement of Colored People), de 1'oeuvre de Martin Luther King, de son slogan Freedom now et de son ouvrage Why we can 't wait?

Cependant, si la discrimination raciale est officiellement abolie dans les textes, elle est loin de l'être dans les esprits. On ne compte plus le nombre de sombres histoires de viols, d'emprisonnements, d'injustice ou de passages à tabac dus à des problèmes de racisme et ce encore de nos jours. Ainsi, en 1992 à Los Angeles, un jeune noir américain dénommé Rod Neyking fut pris à parti et violemment frappé par des policiers blancs. Ceux-ci furent acquittés malgré le visionnage lors du procès de la cassette vidéo de la scène. Cette affaire engendra de longues et sanguinaires émeutes à Los Angeles qui aboutirent à une révision du jugement. Lors de celle-ci, ces policiers furent heureusement incriminés. En 1982, Anthony Porter avait lui été condamné à mort  au terme d'un procès rapide pour un crime qu'il n'avait pas commis. Tout l’accablait: membre d'un gang et depuis longtemps sur la liste noire de la police, des amis des victimes l'avaient vu tirer, il avait assassiné deux jeunes personnes dans un parc après une parade célébrant la culture noire. Cet homme ne doit son salut qu’à un petit avocat, un détective, un prof de droit et ses étudiants. Ceux-ci ont retrouvé les soi-disant témoins qui ont finalement avoué n'avoir rien vu du meurtre : la police les avait en fait forcés à charger Anthony Porter. Celui-ci a attendu son exécution pendant 17 ans. Plusieurs fois sauvé in extremis, il a finalement été libéré. Un porte-parole de la police expliquera: "Nous avons fait notre boulot. Un crime a été commis, nous avons enquêté, nous avons interviewé les protagonistes et avons engagé les poursuites. Notre responsabilité s'arrête ". L'argument serait recevable si l'affaire Porter n'était qu'un grain de sable monstrueux dans un système judiciaire équitable. Mais Porter est le dixième condamné à mort de l'Illinois à avoir été innocenté depuis 1977. Ils sont plus de 3500 derrière les barreaux à attendre leur mise à mort, dont plus de 35% de Noirs. "Anthony est pauvre, sans ressources. Il n 'a pas eu une gentille petite famille blanche derrière lui'' explique le détective Paul Ciolino, ce qui révèle un système et une société à deux vitesses dans lesquels, le racisme ayant été aboli il ne peut s'exercer que mystérieusement et officieusement.

La communauté noire n'est bien entendu pas la seule à rencontrer des problèmes d'intégration dans la société américaine. La géographie en classe de troisième nous a appris la notion de melting pot avec les différentes nations et origines qui existaient aux États Unis: mexicains, italiens, indiens, chinois, portoricains, russes et autres pakistanais en sont les composantes. Elle nous a aussi appris qu'il ne s'agissait que d'un rêve.
 
 
 

Charles 1L1

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Moi, 16 ans, marocain

Par définition, le racisme est une idéologie fondée sur la croyance qu'il existe une hiérarchie entre les groupes humains. On parle alors de "races" et un certain comportement inspiré par cette idéologie se manifeste de plus en plus, ici, en France, la France qui dans le passé, a elle-même "réclamé" la venue d'étrangers pour la main-d'oeuvre, pour la délivrance de villes occupées pendant la guerre (Marseille, notamment) mais qui, dans le même temps, a agressé horriblement ce qu'elle considérait comme des territoires lui appartenant ... . wpe57282.gif (5473 octets)

En tant que jeune Marocain essayant de s’intégrer au maximum dans la société française, je n'ai malheureusement pas échappé à des confrontations dues au problème qu'inflige ma couleur de peau pour certains. Il est vrai que parfois, cette couleur de peau, ce teint mat, n'a pas su être dissocié des valeurs du cœur, engendrant alors insultes, mépris, et même injustice lorsque le problème prenait une ampleur assez importante. Car depuis l'âge de 7 ans ( j'en ai 16 aujourd'hui), pas une seule année ne s'est écoulée sans que je ne sois traité de "sale arabe" ou que l'on me demande de "rentrer chez moi".

Mais arrêtons. Cet article n'est pas fait pour que l'on s'apitoie sur le sort d'un lycéen métèque. Cependant, sans donner ces tristes précisions, on ne peut se rendre compte réellement de l'ampleur du racisme en France. D'autres exemples seront donc cités mais uniquement dans un but de compréhension du sujet, et non pas pour que le lecteur s’apitoie envers le prochain maghrébin rencontré. Ceci étant, ce but est, d'une certaine manière, dur à atteindre; le fait de vivre ce fléau étant si loin de ce que peut comprendre, ou essayer de comprendre, une personne non-concernée. Je parle ici par exemple des personnes aucunement racistes mais qui restent étonnées d'une certaine agressivité de la part de certains "jeunes des cités" qu’ils ont parfois entendus (surtout dans le rap) en train de crier des insultes comme le commun "Nique la police". C'est là que se pose le problème de la nuance entre voir et vivre le racisme. Car ces gens ne sont pas "victimes" de contrôles d'identité plusieurs fois dans la même journée, de fouilles policières pourtant non-autorisées par la loi, mais quand même exercées et le plus souvent, à cause d'une tenue classée "suspecte" (ne parlons pas des "flics" provocateurs déclarant : "J'ai faim de bougnouls", ni de ceux qui, pour une réponse à ce genre de bêtises, sortent leur arme ...).

Je pourrais encore longtemps épiloguer sur ce sujet en décrivant d'autres événements aussi révoltants, mais j'espère que cet article suffira pour éclaircir la pensée de ceux qui les ignoraient. Je suis prêt d’ailleurs à en discuter avec qui voudra et j’aimerais voir des réactions à cet article dans le prochain numéro de Chroniques ...Alors, à bientôt.
 
 
 

Métèque et mat, 1L1.

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Le relais de la mémoire


 
 

Madame Torros-Marter a connu ce qu’elle appelle " l’enfer de la planète Auschwitz "; tatouée et tondue.  Le lundi 15 mars , Mesdames Torros-Marter, Palombo et Cohen ont attendu les 180 lycéens qui devaient assister à leur conférence; toutes les trois âgées de 71 à 80 ans sont venues parler de leur déportation pendant la seconde guerre mondiale.

En effet, comme ses deux amies, Madame Torros-Marter est juive et vivait à Marseille quand la police française complice de l’Allemagne nazi l’a livrée sur dénonciation à ses bourreaux. C’est ainsi qu’à l’âge de 16 ans , en 1944, elle s’est retrouvée au camp d’Auschwitz qui accueillait les victimes avec sur son fronton la devise : " le travail rend libre "; Pendant un an, jusqu’à sa libération le 27 janvier 1945, Madame Torros-Marter a connu ce qu’elle appelle " l’enfer de la planète Auschwitz "; tatouée et tondue, elle garde encore les marques de nombreux sévices corporels et le souvenir des " cadavres ambulants " qui luttaient avec énergie pour la vie.

Ces trois femmes ont témoigné de leur formidable envie de vivre. S’étant tues pendant près de 30 ans, elles veulent aujourd’hui, au sein de l’Association des déportés d’Auschwitz Provence Marseille se battre contre le " détail de l’histoire " en parlant aux jeunes. elles mènent désormais un combat contre l’oubli et le doute en transmettant leur vécu à la troisième génération. Pour que l’horreur ne recommence plus, pour que le racisme et le rejet s’éteignent dans le monde d’aujourd’hui, elles témoignent de cette période sombre de l’histoire et sont les " relais de la mémoire "

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Le docteur s'en va en guerre


 
  

Michel Bourgat vivait heureux à Marseille, entouré de sa femme, de sa fille et de son fils Nicolas. Homme actif, il pratiquait la boxe et exerçait le métier de médecin. Mais la violence gratuite de notre époque a frappé sa famille : son fils Nicolas est mort assassiné par un " jeune beur ".

Blessé au plus profond de son âme par cette mort, Michel Bourgat ne s’est pas pourtant laissé influencer par les hordes racistes qui lui proposaient de le venger. En effet, le racisme est pour lui, sans fondement : la théorie de la prétendue supériorité due à la couleur de la peau ne tient pas devant le constat du médecin : "les tripes et le sang d’un chinois, d’un maghrébin ou d’un européen sont identiques ". Conservant sa lucidité dans cette situation et son ouverture d’esprit, il a décidé de réagir en dénonçant l’aspect bancal de notre société. Car , pour lui, son fils n’a pas été victime du racisme mais d’un système moderne qui favorise la délinquance des mineurs. Monsieur Bourgat pense que ce problème doit être canalisé par le dialogue et l’écoute; et cela en agissant; car en homme qui sait se battre, il prône une " violence " différente de la haine et de la vengeance, une "violence " constructive, une énergie qui détermine un nouveau monde.

Aujourd’hui, ce père " bousillé " comme il le dit lui-même, pense que la meilleure chose à faire est de " mettre son grain de sable dans le grand sablier du temps "; Président de la ligue des enfants assassinés, c’est à travers une profonde entente et une communication avec les adolescents qu’il honore son fils.

Par son combat contre l’inutile violence il rend un ultime hommage à Nicolas. 
 
 
 
 

Page de Cécile Lauriole 2°8
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CONTACTS

Antenne des mineurs du barreau de Paris
Du lundi au vendredi, de 14 h à 17 heures
Tél. : 01 40 51 77 67
De 16 heures à 19 heures 
N° Vert : 0 800 53 51 53

Comité Défense et Mémoire de Nicolas Bourgat
22, rue Coutellerie 
13002 Marseille
Tel. : 04 91 91 70 70

Association Robin Le Scoul
10, rue du Parc 
29000 Quimper
Tel. : 02 98 95 32 60

LIVRES

"Les adolescents face à la violence" sous la direction de Caroline Rey, 
Editions Syros - Alternatives sociales 1997

"Autopsie d'une émeute" de Nicole Le Guennec et Christian Bachmann, 
Editions Albin Michel 1997

"La bande, le risque et l'accident" de Maryse Esterle-Hedibel, 
Editions l'Harmattan - Logiques sociales 1997

"Violence à la télé, l'enfant fasciné." De Liliane Lurçat, Editions Syros 1996

"Exclusion sociale, insertion et prévention" sous la direction de Jean-Claude Abric, Editions Erès 1996

"Savoir vivre ensemble" de Charles Rojzman
Editions Syros 1998

"Rue Nicolas Bourgat" d'Hélène Frandon et Michel Bourgat 
Editions Autres Temps 1998

"Violence. Traversées" de Daniel Sibony
Editions Seuil 1998


 
 

Liens sur des sites contre le racisme


 
 

Ensemble contre le racisme  http://www.antiracisme.org
Jeunes contre le racisme en europe http://w1.neuronnexion.fr/~jre/index2.htm
Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI) http://www.ecri.coe.fr/
Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA) http://www.LICRA.com/
Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) http://www.mrap.asso.fr/
Révolution contre le racisme http://www.ed-mezcal.fr/mjc-loire/index.html

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